De retour de notre île privée, on décide de se la couler douce pour le trajet vers notre prochaine destination et de prendre un taxi directement vers San Ignacio, la ville près de la frontière entre le Belize et le Guatemala.

Étant donné que Steph commence à ressembler à un vrai naufrager, on se dirige vers le barbier le plus proche pour un bon rasage. Je suis surprise de voir que, comme au Québec, dans tous les barbiers où nous nous arrêtons, il y a toujours une bonne ambiance et on finit par rencontrer des gens vraiment le fun et par connaître les meilleurs spots en ville.

Cette fois-ci, on rencontre Mr. Quick, le barbier sympathique, qui nous invite cette fois à une game de football (soccer) en début de soirée. On va donc manger un bon pork shop sur la rue principale et on se dirige ensuite vers le stade de soccer. Notre équipe est tellement dominante que ses meilleurs joueurs restent sur le banc. Mr. Quick vient donc nous voir pour jaser un peu.

Entre deux bières (dont une que Steph casse en essayant de l’ouvrir sur la marche de ciment…), il nous informe que, le samedi soir, les meilleurs endroits pour sortir sont le Lucky 5, le casino et la discothèque, nommée le blue angel.

Une fois la game finie, j’enfile une robe et on se dirige vers le Lucky 5. On a bien choisi notre soir, il n’y a pu d’électricité dans le bar… On boit quelques bières en attendant, mais lorsque la lumière et le son reviennent, un chanteur américain se met à jouer du Jonnhy Cash drôlement remixé et on se rend vite compte que ce n’est pas notre endroit.

On se dirige donc vers le prochain bar sur le chemin, le casino. On se la joue jet set avec de la bière et des drinks à 6$US et Steph s’installe à la table de Black Jack. Je m’installe à côté de lui, sans miser: je n’aime pas avoir le sentiment de perdre de l’argent alors je laisse Steph gagner, et perdre, pour nous ;)

Je fais connaissance avec mon autre voisin de table, un fier membre des forces armées américaines travaillant à l’ambassade américaine au Belize. Quel mauvais move: il s’agit du parfait cliché américain désagréable. Je ne pensais pas un jour rencontrer quelqu’un d’aussi caricatural. En enchaînant des « bijoux » de réflexion et d’ouverture, tel que « le Canada, c’est comme les États-Unis mais sans armes et avec un système de santé gratuit… » et « la preuve que les États-Unis ont gagné la guerre froide, c’est que ce soir, c’est une Russe qui vient danser top less au casino, on ne verrait jamais l’inverse en Russie… », il finit par clairement me taper sur les nerfs! Comme Steph avait réussi à gagner quelques dollars et que moi je commençais à voir rouge, on décide d’aller jouer un peu aux machines à sous. Finalement, on empoche une trentaine de dollars et on décide de poursuivre notre tournée des bars question de bien investir nos gains.

On passe devant une galerie d’art où un musicien tente avec plus ou moins de succès de jouer à la guitare des classiques des années 90. On y rencontre un couple avec qui nous avons une belle complicité et décidons de terminer la soirée ensemble à la discothèque Blue Angel. Comme dans nos belles soirées à Québec, on s’amuse comme des petits fous jusqu’aux petites heures du matin à boire des shooters et à voler la vedette en dansant la salsa.

Après une journée à essayer de survivre à la température de plus de 45 degrés, je décide de passer outre ma peur des endroits clos et on part en exploration des croyances mayas en allant visiter Actun Tunichil Muknal (« ATM »), une caverne sacrée utilisée par les mayas de l’époque précolombienne afin de communiquer avec les dieux et de leur donner des offrandes.

L’endroit est tellement sacré et protégé que, malgré que plusieurs bassins nous obligent à nager à quelques endroits, on ne peut y aller en costume de bain ou en torse, qu’on doit éviter de mettre de l’antimoustique, même si on se fait dévorer dans la jungle, et que, dans les lieux cérémoniaux, on doit enlever nos chaussures et ne marcher qu’en portant des bas.

Après une marche d’environ une heure trente dans la jungle, à manger des thermites alors qu’elles étaient encore vivantes et à se faire expliquer les vertus médicinales de diverses plantes rencontrées sur le chemin, on prend un lunch et on se dirige finalement avec nos casques et nos lampes frontales dans la caverne ATM.

Et ça valait vraiment le coup d’affronter ma peur! Pendant quelques heures, on marche, on nage, on grimpe et on se faufile entre les parois rocheuses. Disons que les lampes frontales sont vraiment très utiles. J’ai des frissons rien qu’à imaginer comment l’expérience devait être pour les mayas de l’époque qui ne s’éclairaient alors qu’avec des torches.

Nous arrivons finalement à la chambre principale et avons la chance de voir plusieurs artefacts et squelettes humains, vieux de plus d’un millier d’années, parfois recouverts d’une couche de calcaire les coulant dans la roche de la caverne, mais en très bon état de conservation. Notre guide nous informe que les poteries contenant les offrandes aux dieux ont tous un trou ou ont été brisé lors de la cérémonie afin d’en faire sortir l’esprit.

Malheureusement, comme peu de temps auparavant un touriste français, en échappant sa caméra, a abîmé l’un des crânes, il nous est impossible d’apporter nos appareils photos et de prendre des clichés de l’endroit. Mais cette journée et les découvertes que nous avons faites resteront gravé dans notre mémoire.