C’est par un beau matin ensoleillé que nous avons décider d’aller visiter les villages tout le long de la route touriste communément appelée la Ruta de las Flores. À 9h tapant, c’est le départ pour tout un road trip. Nous sommes accompagnés de trois canadiens, Joshua, sa blonde et Jeff, ainsi que de notre guide, Rivas, un jeune Salvadorien parlant couramment l’anglais, rencontré à notre arrivée à Eldorado.

Dans le minivan, les hits américains s’enchainent à une vitesse époustouflante. C’est très étonnant d’entendre si peu de musique latine, ici, au Salvadore. Rivas m’explique que la salsa est une musique traditionnelle, mais que les jeunes écoutent surtout les billboard américains. Même à El Zonte où l’internet n’est arrivé qu’il y a 4 ans…

Nous roulons environ une heure trente jusqu’au département (province) de Sonsonate où débute la Ruta de las flores. Quantité de champs de canne à sucre et de maïs nous entoure et la végétation devient de plus en plus luxuriante, tranchant considérablement avec le paysage de la côte. Nous nous arrêtons dans un vallée entourée de montagnes et de volcans où un bruit d’enfer se fait entendre. on nous explique qu’il s’agit d’un insecte très commun au Salvadore ressemblant à un grillon géant. L’écho de ce son stridant se répercutant sur les montagnes est plutôt assourdissant.

Pendant que Josh prend des prises avec sa gopro, le corps à moitié sorti du minivan, nous continuons notre route jusqu’à Concepciòn de Ataco, où nous nous arrêtons pour nous dégourdir les jambes et marcher dans un parc entourés d’arbres à caoutchouc. Cette ville étant entourée de plantation de café, une douce odeur nous enveloppe tout au long de notre courte visite. Un petit arrêt au dépanneur pour acheter quelques bières de route et up, on est reparti pour un tour! C’est vraiment génial de rouler en voiture, toute fenêtre ouverte, les paysages fleuris et tout simplement magnifiques du Salvadore se succédant sous nos yeux, une bonne Pilsner (la bière locale) entre les jambes… Viva El Salvadore!

Prochaine escale, El jardin de Celeste à Ataco, un restaurant entouré d’une fermette et d’une immense jardin fleuri. Le lunch est bon, mais la visite du jardin est encore meilleure. Nous y découvrons d’ailleurs à quoi ressemble le fruit et l’arbre à café.

Après avoir dîné  nous avions tous tellement mangé que lorsqu’on est remonté dans la voiture, nous combattions tous le sommeil. La route vers les cascades, dernier arrêt avant la fin de ce road trip, a donc été, disons le, plutôt silencieuse. Après avoir fait embarqué un petit garçon, notre guide vers les chutes, nous nous arrêtons dans une fermette et commençons la descente au creux d’une magnifique vallée. La vue d’en haut est époustouflante! L’eau jaillit directement de la paroi rocheuse pour se jeter plusieurs mètres plus bas, dans un bassin naturel alimentant des turbines hydroélectrique (cachées dans un réseau de corridor sous terrain à même la falaise).

Arrivés en bas, nous pattogeons dans ce bassin et constatons que l’eau qui s’y trouve est encore plus translucide que dans la mer des caraïbes. C’est vraiment magnifique. Rivas nous indique alors un petit tunnel sous terrain entrant dans la paroi rocheuse et s’y engouffre en nous disant de le suivre. Avec réticence, je suis le groupe. Le tunnel est sombre et à moitié rempli d’eau. Le courant nous entraîne vers le centre de la falaise. Après une dizaine de mètres, tout est noir et la seule lumière restante est celle, au loin, de l’entrée. Je sens la panique monter en moi et j’ai l’impression que je n’arrive plus à respirer… Mes jambes s’amollissent et je ne peux pas aller plus loin. Je veux rebrousser chemin! Je crie au groupe que je n’y arriverai pas et que je retourne par où nous sommes venus. Stéphane m’encourage et me dit de s’agripper à sa taille et de respirer doucement. Son ton et son calme m’apaisent et je me laisse donc porter par mon géant, tout en jetant de petits coups d’oeil nerveux à la lumière de l’entrée, seul signe laissant percevoir une issue, qui s’éloigne inexorablement.  Après quelques minutes qui m’ont semblé une éternité, nous arrivons finalement sain et sauf dans un embranchement où à droite nous apercevons enfin la lumière du jour s’infiltrant d’une large crevasse. Je me précipite vers la sortie, les jambes molles mais heureuse d’avoir su vaincre ma peur et d’en être sortie vivante!