Dans le but de déconnecter de la civilisation, de la technologie et de tout le brouhaha des dernières semaines, nous avons décidé de nous évader dans une petite île privée au large de Belize, dans la réserve protégée de Glover’s reef. Cette île offre un minimum de commodité, ce qui répond parfaitement à notre besoin de décrochage. Ici, pas d’eau courante, pas d’électricité ou de toilette qui flush. On doit acheter de la nourriture en prévision de la semaine à venir car le bateau viendra nous chercher seulement dans 7 jours. Donc, bien des pâtes, du riz, des fruits et légumes frais, de l’eau et surtout, une pleine caisse de bières, du rhum et de la téquila (Sauza). Pour la viande, on s’est fié aux pêcheurs qui nous accompagnaient et on n’a pas été déçu.

Juste avant notre départ, on rencontre au Funky Do Do, à Hopkins, un couple d’Américains dans la 50aine, Brian et Denise, qui eux aussi sont en route pour la même île que nous pour faire 2 semaines de camping. La chimie est très bonne entre nos 4 et on termine les préparatifs de départ ensemble.

Et c’est parti! 2h30 de croisière dans les caraïbes jusqu’à Glover’s reef atoll! Le soleil tape fort, quelques vagues nous rafraîchissent par moments et des dauphins ainsi qu’une tortue viennent nous saluer.

Quand on arrive enfin en vue de notre île, on aperçoit pour la première fois l’endroit où nous allons dormir. De jolies petites cabanes sur pilotis, construites de palmier et de bamboo, qui surplombent cette eau turquoise qui grouille de vie. Elles sont si rustiques ces cabanes qu’une douce brise raffraîchit l’intérieur passant par les craques des murs qui sont en fait que des séries de petits palmiers. Simplement meublé, d’un grand lit, d’une table, un brûleur au gaz, quelques ustensiles, assiettes et chaudrons qui ont fait la guerre; un grand balcon ceinture l’arrière de la cabane avec 2 chaises de bois et un hamac, un gecko et quelques crabes s’occupent de l’animation sous le lit. Du vrai camping au paradis! On fait pipi dans la mer, on lave la vaisselle avec de l’eau de mer et on coupe les légumes sur le quai au coucher du soleil.

Une cabane est aménagée pour les besoins plus lourds, mais l’odeur qui sort du trou de cette toilette biologique ainsi que la vision du monticule brun clair sous nos fesses nous force à être créatif ou faire preuve de courage devant l’adversité. Deux douches à ciel ouvert, dispensent un filet d’eau sulfureuse et d’innombrable bernard-l’hermite de toutes grosseurs tracent de jolis dessins dans le sable qui recouvre l’île.

À notre arrivée, Brian, un maitre plongeur responsable sur l’île nous fait un tour des installations, nous montre comment utiliser un poele au gaz, une lampe à l’huile ainsi que ma partie préférée: comment ouvrir une noix de coco. Comme l’île est couverte de palmiers, une quantité phénoménale de noix de coco tombent continuellement du ciel, s’en est parfois dangereux, mais c’est un buffet à ciel ouvert de lait et de chaire de coco. Oh combien de fierté j’ai eu lors de l’ouverture de ma première noix, armé de ma grande machette, le lait de coco me pissant dans la face lorsque visant ma bouche, je m’abreuve de se goutteux liquide rafraîchissant  Ce fut la première d’une longue série, coco broyé pour faire la cuisine, ou simplement découpé au canif pour un snack d’après-midi entre 2 sorties en apnée.

Nos journées sont tellement relax, on se prévoit au maximum une activité par jour, soit de l’apnée, de la plongée de la pêche ou du kayak. Le reste du temps on chill solide! On se lève avec le soleil, déjeune de fruits, un peu de lecture au soleil sur notre quai, Maïté qui fait constamment du monokini sans peur de rencontrer âme qui vive. Être sur l’eau nous libère enfin de l’emprise des moustiques, qui ont été particulièrement voraces ces dernières semaines, et nous apporte une brise fraiche qui rend les 38 degrés celsius plus que supportables. La vie est si lente et bonne, on ne fait rien et on ne s’emmerde pas. Juste jeter un coup d’oeil à l’océan qui nous entoure suffit à nous divertir amplement.

Les soirées par contre sont plus actives, accompagnées de nos nouveaux amis nous partageons de superbes repas avec les moyens du bord, tacos de poulet, barracuda au coconut, couscous de jack et pleins d’autres bonnes choses. C’est un drôle de feeling de ce dire qu’il faut commencer à cuisiner avant la tombé du soleil, car à la lampe à l’huile c’est pas trop champion. La bière et le fort coulent à flot autour du grand feu de camp qui brûle presque chaque soir près de la cuisine commune.

Un soir on se gâte avec un bon souper et une bouteille de vin pour célébrer notre 2e anniversaire d’union. Enivré par l’alcool, on marche sur le quai menant à notre cabana dans cette nuit étoilé, la douce lumière d’une lampe à l’huile projette des ombres dansantes sur notre toit de feuille de palmiers. On passe les heures qui suivent à s’aimer tendrement dans notre romantique cabane et l’on s’endort dans une étreinte portée par le clapotis de l’eau des caraïbe.

Il faudrait bien un peu de négatif dans cette histoire sinon elle aurait d’l'air stagée, alors attachez votre tuque ça s’en vient! Un soir juste après le couché sur soleil, je revenais à notre cabana avec un 5 galon d’eau sur l’épaule quant 2 bergers allemands accourent dans ma direction en jappant de rage. Les ayant déjà vu de jours je garde mon calme et continue mon chemin, ERREUR! Ne jamais tourner le dos à un chien… L’un des chiens nommée Rosy me mord une fesse!! Je me retourne alors et fais fuir les chiens de toute la frustration qui m’habite soudainement.

Arriver à la cabane, Maïté nettoie la blessure et elle est si fâchée des évènements qu’elle se rend à la maison du propriétaire armé d’un couteau. Je la suis tantant de la calmer, elle ne va quand même pas tuer le chien!? Finalement on rencontre Brian et lui explique l’affaire, il demande à voir la morsure. Je lui montre volontiers mon cul avec la morsure encore fraîche. Il se confond en excuse, nous garantit que les chiens sont vaccinés contre la rage et qu’à partir de maintenant Rosy restera attachée 24h sur 24.

Plus tard dans la soirée, il nous apporte une bouteille de vin pour tenter de se faire pardonner, ce qui est clairement insuffisant. Finalement en le menaçant de raconter de mauvaises choses sur Tripadviser, Brian nous a donner 2 plongées gratuites, 2 bouteilles, de vins, de la bière et une réduction de plus de 10% sur le prix de la cabana. Une mésaventure payante au bout du compte!

Un pêcheur ayant eu vent de l’histoire, m’a aussi apporté 3 conch pour que je garde une bonne impression de l’île. Enfin des conchs! Ces gros escargots de mer avec leur grande coquille rosâtre que l’on voit parfois comme centre de table au Québec. Un homme à la longue barbe gris surnommé Captain Pablo Diablo me montre comment préparer la chose et on se régale pour notre dernière soirée avant de rejoindre la civilisation!