Après quelques jours fort agréables à Suchitoto, nous avons décidé de nous rendre à la jolie ville de Copan Ruinas, au Honduras. Deux options s’offraient à nous, prendre un bus et contourner le lac Suchitlan, ou, encore mieux, le traverser en bateau! Un local nous ayant indiqué que le traversier vers San Francisco Lampa passait deux fois par jour, à 7h et 14h, nous nous dirigeons donc vers 11h (très en avance) vers le traversier. Après s’être trompé d’arrêt et avoir été coincé et séparé dans un bus surloadé, nous arrivons finalement audit traversier qui arrive justement au quai.

Ayant l’expérience des traversiers en amérique du nord, nous nous dirigeons donc tranquillement vers le quai, question de laisser les passagers et/ou les voitures sortir pour que nous puissions par la suite embarquer. Quelle n’est pas notre surprise lorsque nous voyons le bateau se retourner sans rentrer au quai et retourner d’où il vient!! N’écoutant que mon courage, je cours vers le quai et crie pour que le bateau revienne nous chercher, mais sans succès.

On ne se décourage pas, il y a plusieurs petits bateaux à moteur autour du lac, on devrait pouvoir en trouver un qui nous amènera l’autre côté. Finalement, pour 5$ on part en chaloupe à moteur vers l’autre rive. Nous allons plus vite ainsi, tellement que l’on rattrappe le traversier. Je réprime l’envie de présenter mon doigt d’honneur au captaine du traversier lors qu’on le dépasse avec le cheeze dans la face.

Arrivé de l’autre côté, ce n’est vraiment pas bien indiquer où l’on doit aller pour prendre le bus. On marche donc sous un soleil de plomb chargé de nos sacs. On atteint une intersection avec quelque chose qui pourrait faire office d’arrêt de bus, mais personnes pour nous confirmer… Ce plan nous semble trop incertain et on décide de continuer jusqu’au prochain village pour demander la direction. Pour rajouter au plaisir de la balade, toute la route est en pente raide. On trouve finalement de la vie et les direction pour prendre le bus et on attend patiamment sous le couvert d’un toit de tole. Après 30 min. une salvadorienne dans la 20aine, se joint à nous dans l’attente du bus qui ne semble jamais arriver. Notre nouvel amie se tanne et decide de demander à son oncle de la transporter au prochain village et à notre grande surprise, nous invite à monter avec elle! Seul problème c’est un pickup… Pas de place pour tout le monde, on monte donc directement dans la boite du pickup! Wow! quelle ride! c’est le meilleur moyen pour apprécier le paysage depuis les sinueuses routes de montagnes qui nous séparent du prochain village!

Notre prochaine monture sera un taxi incroyablement pas cher (2$) qui nous amènera à Chalatenango pour enfin prendre le bus, une promenade qui devrait durée environ 30 min. Quelle sera notre aventure cette fois dans cette journée qui ne cesse de nous surprendre. Effectivement, le taxi s’arrête à plusieurs endroits en chemin pour prendre d’autres passagers, si bien que l’on se retrouve 5 dans la voiture plus 2 enfants. Je comprends maintenant pourquoi c’était si peu cher :) . On est tellement chargé qu’on reste pris dans le milieu d’une côte particulièrement abrupte. Le conducteur est en première vitesse et joue de la clotch avec le gaz dans le fond dans l’espoir de gagner quelques mètres de plus. Mais la forte odeur d’huile et de clotch brulée sonne le glas de cette ultime tentative. On laisse donc une femme avec ses 2 enfants sur le bord de la route et on redescend vers un chemin plus sûr.

On arrive finalement au terminal de Chalatenango où on prend un bus en direction d’El Poy, la ville qui est à la frontière entre le Salvador et le Honduras. Comme tous les collectivos de l’amérique centrale, le bus est rempli de locaux et on est tassé comme des sardines. Il doit faire au moins 35 degrés et malgré toutes mes réticences quant à la salubrité, je me commande une crème glacée par la fenêtre du bus. Bien sûr, c’est le moment que choisit le chauffeur pour partir. Le vendeur doit même courrir pour me la donner et pour me donner mon change. Comme d’habitude, le bus arrête à tout bout de champ pour prendre des nouveaux passagers, qui attendent sur le bord de la route, ici pas besoin de faire de l’auto-stop. À chaque ville que l’on croise, des hordes de vendeurs itinérants envahissent l’autobus avec pleins de produits pour manger sur la route, j’ai même eu droit à la poutine locale! Des frites, du ketchup et du fromage rapé le tout garni d’un cure dent pour manger dans le bus. Je suis toujours un peu choqué de voir tous le monde tirer leur déchets par les fenêtres du bus, mais c’est la norme ici, je vais devoir m’y faire. Une fois j’ai eu le plaisir, de voir qu’un gars passait avec un sac de poubelle pour recueillir les déchets, mais une fois le tout ramassé, il a malheureusement seulement jeté le sac par la fenêtre.. Juste bravo!

La traversé à pied au Honduras se déroule sans encombre et on passe une nuit dans Nueva Ocotepeque, une ville merdique avec croquerelles et punaises de lit incluses, un arrêt imposé car on ne voyage pas de nuit! Demain matin, direction Copan ruinas et les légendaires ruines maya!