Après une longue run de lait Québec-Newark-Houston-San salvador, on débarque dans un bassin de découverte vers 22h30. Moyo, un salvadorien trapu de 5 pieds, nous attend pour une ride de jeep jusqu’à El dorado, notre premier escale dans ce périple de 2 mois. À notre arrivée, l’hôtel vibre déjà d’une belle ambiance de party. On se mêle à merveille en parlant notre bon vieux québécois, au diable le dépaysement, on en aura en masse bientôt. Drôle de rencontre! 4 beaucerons sont ici toutes dépenses payées, car ils ont gagné au jeu télévisé « Le moment de vérité ». On passe la soirée à essayer toutes les bières du coin et à jouer au ping pong avec nos nouveaux amis.
C’est au petit matin que l’on admire la splendeur de ce coin de paradis encore peu connu. Luxuriante végétation tropicale, bananiers, manguiers et palmiers. Un bar chill, ou l’on peut déjeuner et dîner  une grande piscine, des hamacs bercés par le vent et tout l’attirail du parfait surfer. L’objectif de notre semaine ici étant de devenir les meilleurs apprenti surfeur du coin, je ne crois pas que l’on sera déçu  Toutefois, à voir la grosseur des vagues ici, notre témérité viens de prendre un coup de vieux. Elles sont tellement grosses aujourd’hui que seuls quelques surfers professionnels tentent leur chance, on nous dit que ce sera exceptionnellement comme ça pour quelques jours et que nous pourrons y aller ensuite. Ça tombe bien, on a vraiment beaucoup de travail à faire sur notre bronzage, on a l’air de venir de mars avec notre peau blanche translucide!
Eldorado est un hôtel de 10 chambres construite par un québécois fort sympathique nommé Olivier, et son partenaire, Philippe qui est actuellement à Montréal. Situé directement sur le bord de la mer, il est le point de rencontre de plusieurs surfeurs. Olivier nous explique qu’ils ont tellement aimé l’endroit lorsqu’ils sont venus la première fois qu’ils ont fait une offre pour acheter le terrain alors qu’il n’était pas à vendre. De magnifiques vagues viennent se briser juste devant nous ce qui en fait un lieu rêvé pour les surfeurs d’un peu partout.

La majorité des clients de l’hôtel sont des québécois qui, comme nous, ont entendu de bons commentaires sur l’endroit. Et effectivement, quel accueil chaleureux nous avons eu! Olivier et sa conjointe, Mao (Marjolaine,) tiennent le phare, accompagnés de la mère d’Olivier et son conjoint, qui sont actuellement en vacances ici. Diane et Jean sont surnommés « la madre » et « el padre » par les employés de l’hotel tant ils sont un peu comme les parents de tous ici. Nous avons d’ailleurs eu un coup de coeur pour ces personnes accueillantes et chaleureuses, amateurs de lecture. Démunie que j’étais alors que le livre que j’ai apporté ne venait pas du tout me chercher, ils m’ont prêté un des leurs, Emmaus, de l’auteur Barrico, livre que j’ai littéralement dévoré en moins de 24h.
Les soupers à l’hotel se déroulent un peu comme des souper familiaux. Pendant la journée, l’excellente cuisinière, Alex, inscrit sur un tableau noir à l’entrée de l’hotel le menu du soir, tableau sur lequel nous confirmons les plats choisis. À 19h tapant, tout le monde se rassemble dans le hall de l’hôtel pour y partager le repas tous ensemble. Une vingtaine de personnes se réunissent ainsi chaque soirs, devant un repas toujours savoureux, pour échanger sur leur journée, leurs découvertes ou pour simplement apprendre à se connaître. Sans hésiter, nous recommandons l’endroit à tous ceux qui veulent passer du bon temps, à jaser, apprendre à faire du surf et relaxer.
Le village d’El Zonte, où est situé l’hôtel, se trouve à environ 45 minutes de l’aéroport Comalpa près de San Salvadore. Lors de notre deuxième journée ici, nous sommes partis un matin marcher sur le bord de la mer pour aller explorer les environs. Après avoir traversé la petite rivière qui sépare le village en deux, nous avons monté un escalier serpentant la falaise et avons atterri dans ce qui nous semble être un petit hôtel tenu par un salvadorien parlant le français. Le soleil étant particulièrement fort, nous lui demandons s’il est possible de lui acheter une bière. C’est alors qu’il nous explique que malheureusement son ancien partenaire étant parti avec tout, les murs des cabanes, les frigos et même les airs climatisés?!, il a dû cesser ses activités. Nous avions remarqué en montant une drôle de plate forme, vide, donnant sur la mer, ce que nous comprenons être en fait, l’endroit où était situé anciennement les chambres de l’hôtel…
Nous poursuivons notre périple et nous dirigeons par la route de terre battue menant au village. À notre grand étonnement, le gros chien mâle appartenant au salvadorien nous rattrape et semble faire office de guide, repoussant les chiens errants qui surgissent de temps à autre sur notre passage. Tout le long du chemin, des murs, dont le dessus est couvert de verre brisé ou de barbelé  se dressent, semblant vouloir repousser tout envahisseur potentiel. La pauvreté des lieux est particulièrement criante. Plusieurs fois nous nous demandons de quelle manière des familles peuvent vivre dans des maisons, dont le toit et les murs, faits de toile, de pierres et de feuilles de palmiers, semblent ne tenir que par un fil, alors que lors de la saison des pluies, les déluges sont monnaie courante.
Nous terminons notre balade par un savoureux repas dans une petite auberge au bord de la mer, à regarder sans fin les vagues venant s’échouer à nos pieds.