Malgré les offres insistantes de Charley, le « guide » verbomoteur rencontré à Dangriga, nous avons décidé de nous rendre à Cockscomb Basin Wildlife Sanctuary par nos propres moyens et sans son assistance. On veut voir des jaguars!

Ce sanctuaire étant situé près du village de Maya Center, à mi-chemin entre Dangriga et Independence, nous prenons donc l’autobus qui se dirige vers ce village. En attendant ledit autobus, nous faisons la rencontre de deux Allemands qui nous proposent de partager les frais de taxi vers le sanctuaire une fois rendu au village ainsi que le retour en fin de journée. Il faut savoir que le début du parc se trouve à 10 km de l’arrêt d’autobus, alors pas question de marcher jusque là!

On se rend donc à l’accueil du parc où le garde-chasse nous explique les sentiers et ce qu’on peut croiser en chemin. Il nous indique qu’effectivement une soixantaine de jaguars se trouvent dans les limites du parc, mais qu’il est très rare d’en croiser un, surtout de jour alors qu’ils sont moins actifs. Mais il nous dit de faire très attention à l’endroit où on marche parce qu’on a beaucoup plus de chance de croiser des serpents, dont certains sont très venimeux (Fer de lance)… Ça commence bien la journée, il ne manquerait plus qu’on se fasse morde par un serpent venimeux, à plusieurs kilomètres à pied de toute civilisation!

On part donc à l’aventure dans le sentier nommé Tiger Fern, armés d’eau, de jumelles et de quelques petits pains au sucre et de concombres achetés au village. La jungle et la faune qu’elle contient nous entoure. Même si la majeur partie du sentier est à l’ombre, l’humidité de la forêt ajouté à la chaleur suffocante de cette journée nous fait suer à grosses gouttes.

Arrivé au bout du sentier de 2,5 km, deux magnifiques chutes déversent leurs eaux dans un joli bassin entouré de végétation. Disons qu’après une heure et demie à monter à la grosse chaleur, la baignade est plus que bienvenue. On en profite pour grignoter les quelques trucs que nous avions apportés à manger en regardant un touriste plonger de la paroi escarpée derrière l’une des chutes.

Au retour, comme il nous restait une heure trente à tuer avant de rejoindre les Allemands à 16h30 à l’entrée du parc pour partager le taxi du retour, nous avons décidé de descendre la rivière qui traverse le parc en chambre à air (descente qui ne devait prendre qu’une heure selon le garde-chasse).

La vue est magnifique et on apperçoit même une tortue qui se fait dorer au soleil. Avec ma maladresse légendaire, je trouve même le tour de m’écorcher le bras et les mains avec des lianes… Bravo championne! je suis remplie d’échardes maintenant…

Comme en général, le courant est presque inexistant (on a rencontré que très peu de rapide malheureusement…), la descente se fait très en douceur, presque trop. Je commence même à trouver que c’est plutôt long.

Après ce qui me semble une éternité, on finit par arriver à la fin de parcours. Croyant avoir passé l’heure du rendez-vous, on se hâte de retourner à l’accueil, pour se rendre compte qu’il est presque 17h30, que les allemands sont partis avec le taxi sans nous, que l’accueil est fermé et que notre sac est resté à l’intérieur du batiment qui est bien sûr barré…

Heureusement, deux béliziens qui restent sur place nous ont ouvert la porte pour qu’on puisse reprendre nos choses, mais on n’était pas sorti du bois: il fallait encore trouver une façon de retourner à l’arrêt d’autobus avant 18h (l’heure à laquelle passe le dernier bus vers Dangriga)… Sans téléphone et sans possibilité de joindre un taxi, tout semblait indiquer qu’on allait devoir coucher dans une des cabines du parc. Et comme nous n’avions mangé qu’un diner très léger et que nous n’avions rien pour souper, on commençait à se dire qu’on allait devoir aller se coucher le ventre vide…

Mais, la vie est souvent très bien fait et finalement, après avoir envisagé différents scénarios, dont de faire la ride de 10km nous séparant de l’arrêt de bus en motocross, deux biologistes travaillant au parc et qui avaient à se rendre dans une station service près de Dangriga ont gentiment accepté d’aller nous porter jusque là. Merci la vie!

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’après avoir pensé devoir passer la nuit dans un endroit isolé, sans boire, ni manger, la bière et la bouffe chinoise qu’on s’est tapé après et notre cabana crade étaient ce qui avait de meilleur au monde!